Alien : une omelette bien baveuse, s’il vous plaît !

2122. Le remorqueur spatial Nostromo affrété par la compagnie Weyland est en mission de routine vers une planète aux confins de l’espace connu. Tout l’équipage est en hibernation et attend sagement l’arrivée à bon port. Mais l’ordinateur de bord, une machine aussi chaleureuse que le HAL de 2001, l’odyssée de l’espace, interrompt subitement leur sommeil lorsqu’il reçoit un message de détresse émanant d’une planète à proximité de la route commerciale.

3 des 7 rigolos qui composent l’équipage décident de se rendre sur place pour enquêter. Ils ne trouvent rien et rentrent au vaisseau. Fin de l’histoire.

Bon ok. Ça part un peu en vrille et l’un d’entre eux revient avec un gant de toilette extra-terrestre collé sur la tronche. C’est le début d’une belle histoire pleine de cris cosmiques, de lance-flammes et de bébêtes bien méchantes.

A priori, un film d’horreur dans l’espace. Oui mais non.

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Sous couvert d’un récit d’épouvante pas trop mal foutu, il y a une démarche beaucoup plus profonde élaborée par Ridley Scott et son équipe : qu’est ce qui nous fait vraiment peur ?

Le film ne s’appelle pas Le Huitième passager pour rien. Les 7 protagonistes principaux sont archi stéréotypés et répondent à des codes bien établis. Vient ensuite le monstre, qui a l’étrange particularité de n’être motivé que par son désir de mort. Désir de mort qui se suffit à lui-même et par conséquent échappe à toute forme de rationalité plus terrestre.

En résulte une peur authentique : affronter quelque chose dont on ne comprend l’essence. Un corps étranger. Un alien en anglais.

Une seule prend la mesure du danger que constitue cette nouvelle menace : Ripley. Sigourney Weaver au top ! Badass, pleine de bon sens et bien décidée à fracasser de la créature verdâtre.

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En 1979, il était très rare de confier à une femme le rôle principal d’un film. Et encore plus de lui offrir une paire de balls aussi énorme ! En cela, il y a quelque chose de profondément révolutionnaire dans l’oeuvre de Ridley Scott. De profondément novateur.

Le caratère novateur d’Alien n’est pas qu’inhérent au scénario ou au choix du personnage principal. C’est aussi un choix artistique totalement dément de peaufiner jusqu’aux derniers détails le design complet du Nostromo, de la planète visitée et de toute la zoologie rencontrée.

L’alien est une formidable réussite graphique. Terrifiante au possible, la créature fascine par la beauté de ses lignes : élégantes, mortelles, douces et tranchantes. Admiration renforcée par des traits quasi invisibles avant le dernier quart d’heure.

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Alien est une véritable oeuvre de cinéma au sens noble du terme : du fond, de la forme, une mécanique précise au possible. Il en reste un sentiment merveilleux à la sortie, celui d’avoir eu peur pour les bonnes raisons.

En cela, il nous appartient d’y plonger encore et encore. Pour comprendre en quoi le 7ème art est une terrifiante machine à images et un merveilleux stimulus pour l’imagination.

Notre imagination. Nos peurs. Et l’inconnu…

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