Flight : Boire ou piloter, il faut choisir

Zemeckis, ça vous dit quelque chose ? Les grands fans de Retour vers le futur ou de Roger Rabbit, bien sûr. Les autres (quels autres ?), vous connaissez Forrest Gump. Après des retours ratés (Beowulf, Real Steel) dans son champs de prédilection -les films familiaux- il se présente dans les salles obscures en ce début 2013 avec un film qui va nous parler d’addictions et d’alcool. D’où le titre… Non pas du tout. On n’est pas dans un délire psychédélique à la Trainpotting. Ici il s’agit plutôt d’aborder la question de l’alcoolisme sous un biais original : la conduite en état d’ivresse… d’avions. Pas d’énième spot pour la sécurité routière avec des enfants qui pleurent et une voix grave de femme qui vient vous dire que, tous les ans, 40 millions de personnes meurent sur les routes françaises.

FLIGHT

Whip Whitaker (Denzel is back !) est un pilote d’avion chevronné. Mais qui a une nette tendance à boire. Il aime aussi la coke, et se taper son assistante de bord. Le gendre idéal.

Mais tout ça dérape lorsqu’après une nuit bien arrosée, son avion  accuse une défaillance technique et se met violemment à piquer du nez. Au prix d’un sang froid affolant, il va le poser, après une manœuvre digne de James Bond. Et mieux, presque sans victimes : 4 (= pertes acceptables).

Le reste du film porte sur la responsabilité, ou non, qu’il va devoir assumer face à son alcoolémie et son acte héroïque. Au premier abord, le propos semble manichéen. Il n’en est rien. Denzel oscille en permanence entre ses addictions, sa culpabilité, son désir de bien faire et sa crainte de passer par la case prison.

La réalisation est classique mais efficace (si Zemeckis avait repensé le travelling ça se saurait). Le récit progresse constamment et, fait étrange pour un drame de 2h20 (prévoyez les pop-corns, la boisson, les pets…), on ne s’ennuie jamais. Cela découle fort certainement de la performance de très haute volée du Black le plus bankable d’Hollywood. Il joue juste et ça se voit : l’alcool est en lui. Quant aux autres, si Cheadle est un peu faiblard, Kelly Reilly est intéressante et John Goodman est hilarant (« I’m on the list »).

denzel-washington-kelly-reilly-flight

La musique vient agréablement soutenir le propos – même si certains argueront que trop de pathos tue le pathos. Le scénario, sans être transcendant, a le mérite de ne pas être une énième adaptation ou reboot-préquel-séquel-spin off (le cinéma pour les nuls, 21,81€ sur Amazon). Et c’est fort agréable de voir quelque chose de neuf.

En bref, un beau moment, plus ambigu qu’il n’y paraît et qui aborde frontalement un sujet souvent périphérique dans les autres productions : la boisson. Probablement un des films de février qu’il faudra avoir vu.

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