Blade Runner : Le chef d’oeuvre de la SF ?

Le 15 septembre, Blade Runner fêtera ses 30 ans. L’occasion de jeter un petit coup d’œil dans le rétro. Et de dire pourquoi ce monument du cinéma doit absolument faire partie de votre DVDthèque.

Nous sommes en 2019 (7 ans seulement), la Terre est asphyxiée par la pollution et la corruption. Depuis quelques années, des robots identiques aux humains -les Replicants- aident ceux-ci dans leurs tâches difficiles et surtout dans la colonisation d’autres planètes. Sauf que certains d’entre eux développent des émotions et se révoltent. Il devient nécessaire de les zigouiller, mission qu’y incombe aux Blade Runners, sorte de super flics ayant un sixième sens pour détecter les copies humanoïdes. C’était le job d’Harrison Ford mais il a cessé d’en être, car les robots ont quasiment tous disparu. Notre récit commence lorsqu’il apprend que quelques survivants Replicants se sont échappés d’une colonie et reviennent sur Terre pour foutre le bordel.

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Vous allez me dire : « quelle originalité ! ». Oui en vérité car, en 1982, Ridley Scott est le premier à sentir l’énorme potentiel des romans de Philip K. Dick, auteur des Total Recall, A Scanner Darkly ou Minority Report. Surtout à une époque ou le Nouvel Hollywood (Lucas-Spielberg) triomphe avec des récits de science-fiction très optimistes (Star Wars, E.T). A l’instar de Carpenter (New-York 1997), l’ainé des frères Scott veut une ambiance très noire. Ainsi le soleil ne fait que quelques brèves apparitions et la plupart des scènes sont tournées en intérieur ou dans des rues si sombres que la lumière semble n’y jamais parvenir. On y voit une ville de Los Angeles plongée dans une obscurité post-industrielle terrifiante. Son coté américain semble avoir disparu au profit d’une mosaïque cosmopolite où bizarrerie et pauvreté se côtoient.

Au milieu de tout ça H.F. tente de mener son enquête sans vraiment savoir où elle le mènera. Disons-le, c’est probablement le meilleur rôle de sa carrière. Méthodique mais partial, héroïque mais lâche, il passe par tous les états que l’on peut connaître chez des héros plus contemporains.

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Car il s’agit bel et du bien du gros point fort du film, Ridley Scott a réalisé une oeuvre de Science-Fiction excessivement en avance sur son temps. A tel point qu’il a beaucoup inspiré. Il suffit de regarder le New-York de Luc Besson dans son Cinquième élément ou l’attitude des robots de A.I pour y percevoir des ressemblances troublantes.

Au-delà du côté novateur de son propos, c’est la richesse de sa réflexion qui aujourd’hui encore suscite des études approfondies. Ainsi les Replicants sont confrontés au cogito cartésien et peuvent être assimilés à des anges déchus. La scène final avec Rutger Hauer est entrée au panthéon du 7ème art car témoin d’une des plus belles beautés fictives jamais exprimées sur le grand écran.

Comment Ridley Scott a-t-il réussi à faire d’un roman de SF, un très grand film ? Tout d’abord, l’univers. Il a été apporté un soin extraordinaire à chaque décor, chaque éclairage. Tant et si bien que les plans en vaisseaux n’ont clairement pas à rougir face à des homologues plus récents. Les dialogues sont merveilleusement calibrés : pas de pathos superflu mais une poésie prégnante, brulante.

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Et la cerise sur le gâteau : la musique. Un article complet pourrait et devrait être consacré à la partition de Vangelis. Le compositeur des Chariots de feu donne ici la pleine mesure de son talent. La mystique du récit est sublimée par ses notes électroniques quasi extra-terrestres.

Blade Runner est de ces rares chef-d’œuvres que l’on ne regarde pas en cinéphiles mais en esthètes. La beauté qui s’en dégage est absolument intemporelle. Une pure merveille comme l’on n’en voit que quelques unes par décennie.

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