Mad Max Fury Road : le Dakar sans Gérard Holtz

Max est de retour ! 30 ans après sa première apparition sur les écrans. Tom Hardy tient le volant et succède à l’immense Mel Gibson. Et il est dans la merde. Les hommes d’Immortan Joe (#leader #charisme #dégénéré) l’ont capturé et le ramènent à la Citadelle, leur QG. Mais le détournement d’un convoi d’essence par la première lieutenante de Joe, l’Imperator Furiosa, et le chaos qui s’ensuit, vont offrir l’occasion à Max de se faire la malle.

Immortanjoe

Et c’est parti pour 2h de bastons, d’explosions et de grosses cylindrées. Un scénario qui tient sur une page et des effets pyrotechniques à foison : un Fast and Furious du futur ? Non ! Mad Max version 2015. George Miller ressuscite son univers à l’aide d’un budget colossal par rapport à la trilogie originale : 500 fois supérieur à son film de 1979 !

Si la trame du récit est assez simple, c’est que le réalisateur australien voyait avant tout la relecture de son œuvre comme un très long roman graphique. Un fois passée la non-surprise du scénario -un récit initiatique très « mythologique » dans ses enjeux- on comprend que l’intérêt réside ailleurs. Visuellement, c’est colossal, magnifique, irréaliste.

Un désert à perte de vue où les couleurs chaudes inondent l’écran : jaune, ocre, orange, marron… Lorsque vient la nuit, bleus, gris et noirs s’y substituent dans un jeu de contrastes saisissants. Le tout à une vitesse hallucinante. Nerveux au possible, il est physiquement inimaginable de tout voir. Les temps morts sont rares : ils ne viennent que justifier la transition entre 2 scènes de fight.

Et pourtant, on pourrait craindre l’overdose, à l’instar des nombreux monstres hollywoodiens que l’on voit chaque année sur les écrans; mais un élément aide le spectateur à ne pas décrocher : les prises de vue réelles. Miller, dans son académisme très 80’s, n’a voulu faire appel aux effets visuels que lorsque c’était absolument nécessaire. Tout le reste est une succession de cascades bien à l’ancienne.

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S’il en ressort un fort sentiment de cohérence, voire de crédibilité, cela est bien aidé par le soin apporté à l’univers. Le réalisateur présente son film comme une succession de story-boards animés. Véhicules, personnages et décors fourmillent de détails. Si certains items n’ont pas d’utilité a priori dans le récit comme le bras mécanique de Furiosa ou les aérosols au chrome, ils dévoilent en vérité toute la complexité du Wasteland et de ses personnages.

Protagonistes incroyablement caricaturaux, terriblement attachants ou repoussants et portés par un casting magique. Hardy arrive à reprendre le flambeau avec brio et Charlize Theron illumine l’écran en femme guerrière idéaliste. Petit prix aussi à Hugh Keays-Byrne de retour aux affaires 36 ans après Mad Max dans un rôle de grand méchant époustouflant.

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Le cinéaste australien avait fait le tour de la question Mad Max en 1985. Plutôt que de faire un remake plus beau, plus cher de ses œuvres et de risquer l’hommage poussif, il a réinventé son cinéma. Une bonne grosse cartouche à toutes les merdasses lyophilisées Disney/Marvel qui se prétendent des divertissements de qualité, et excellente piqure de rappel à une industrie qui oublie trop souvent par quoi et pourquoi elle vit. Le cinéma ce n’est pas accessoirement du spectacle. C’est avant tout du spectacle.

En cela, Miller vient de quitter le monde des réalisateurs pour intégrer le cercle très fermé des authentiques metteurs en scène : the future belongs to the mad.

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