Les Huit Salopards : Bloody winter is coming

« Le 8ème film de Quentin Tarantino ». Voilà comment on nous a vendu The Hateful Eight. Comme si le réalisateur du Tennessee était devenu un label totalement dégagé de toute critique sur le produit proposé. Quel culot !

Sauf que l’on cherche encore les opus ratés dans la filmo de Quentin. On apprécie plus ou moins toutes ses œuvres mais affirmer qu’il s’est complètement foiré sur l’une d’entre elles serait faire preuve d’une mauvaise foi affligeante.

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Dés Kill Bill vol.2, il avait manifesté son souhait d’aller vers le western et ses thématiques. Django Unchained ayant été plébiscité par la critique et les spectateurs, il a démontré que c’était un choix judicieux, tant son univers se prête très bien au cadre de l’ouest américain.

Wyoming. Quelques années après la Guerre de Sécession. John Ruth, un mythique chasseur de primes doit emmener Daisy Domergue à la potence de Red Rock. Il croise et recueille dans sa diligence Marquis Warren et Chris Mannix. Le premier, ex-soldat Nordiste, est lui aussi un mercenaire et le second s’en va prendre ses fonctions de nouveau shérif à Red Rock. Mais la tempête les oblige à s’arrêter dans la mercerie de Minnie, un étrange refuge où 4 types aussi mystérieux que peu amicaux ont déjà déposé leurs valises. Il est fort à parier que certains ressortiront les pieds devant de cette auberge…

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Un quasi huis-clos avec un nombre limité de protagonistes. Et cela dure 2h48 quand même ! Tarantino aime prendre son temps, développer ses personnages et balancer des dialogues-fleuves. C’est donc du classique. Tout ce qui fait le charme du réalisateur de Pulp Fiction est de retour. Grosse tension et gros calibres.

Le tout servi par un très beau casting. L’acteur fétiche de Quentin, Samuel L. Jackson mène la danse avec son humour mordant. Kurt Russel, Tim Roth, Michael Madsen et Bruce Dern font leur grand retour et se donnent merveilleusement la réplique. Mais les vraies révélations du film sont les deux « presqu’inconnus » Jennifer Jason Leigh et Walton Goggins. Madame est hilarante puis terrifiante en prisonnière dérangée et lui, apporte un décalage benêt au récit qui fait souvent rire aux éclats.

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Parce que l’on finit par se forcer à rire tant certaines scènes sont d’une tension inimaginable. QT nous avait habitué à des passages particulièrement durs dans Inglourious Basterds et Django mais cette fois notre surprise est grande de voir que son thriller montagnard flirte avec le film d’épouvante.

La musique est un bon témoin de ce parti-pris. Pour la première fois de sa carrière, Tarantino n’a pas composé sa bande-originale qu’avec des morceaux déjà existants, mais a aussi fait appel à un compositeur : Ennio Morricone en personne ! Qui s’est fait plaisir en approchant ses sonorités des BO d’horreur des années 1970-1980 comme The Thing, pour témoigner de cette ambiance pesante qui règne dans l’auberge tout au long de l’histoire.

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Comme toujours, on ressort de là sonnés. Avec le sentiment d’avoir (encore) assisté à un grand moment de cinéma. Terrifiant. Hilarant. Jouissif. Les critiques tatillonnes glisseront peut-être un avertissement à une manière de filmer qui ne se renouvelle que trop peu, et certaines facilités dans les choix de réalisation. Mais les vrais fans retrouveront la patte du Maestro et immanquablement lâcheront en sortie de salle : « Putain ! Ce type est définitivement à part ».


P.S : Il n’y a que quelques projections du film en 70mm Ultra Panavision, son format d’origine. Ruez-vous sur ces places : une expérience déroutante de visionnage, les 8 minutes bonus de film et quelques autres surprises vous attendent. Testé et approuvé.

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