The Neon Demon : miroir, mon beau miroir…

– Nicolas Winding Refn est de retour !

– Aaaaaah  ! (Cris d’effroi)

– Non mais ça va pas bien de gueuler comme ça !

– C’est juste que la dernière fois…

– Vos gueules ! C’est pas pareil cette fois… Enfin si un peu. Non en fait, c’est carrément la même chose.

– Donc c’est beau, violent et totalement vide de sens ?

– Bon ok ! Reprenons :

Only God forgives avait désagréablement surpris ceux qui s’attendaient à une suite ou une rechiée de Drive : beaucoup de violence gratuite et un scénario qui tenait sur une feuille A5. Un bien bel exemple que la forme ne fait pas tout.

Et donc le réalisateur de Copenhague a décidé d’en remettre une couche et de surenchérir dans les effets visuels en tous genres. Et cette fois ça marche ! Pourquoi ? Parce que le sujet s’y prête.

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Une jeune fille de 16 ans débarque à Los Angeles. Elle n’a qu’un rêve : devenir la plus grande, la plus belle. Elle plonge dans la spirale des castings, des shootings photo. Tous sont hypnotisés par cette beauté pure et innocente. Mais la gloire a sa face sombre…

Des films sur les turpitudes du star system, on a déjà vu des caisses. Mais (trop) peu s’attaquent à la genèse de la célébrité. Comment No one devient Someone ! C’est ici ce fameux néon qui va faire office de lumière noire, de révélateur.

Des chambres de motel moisies aux salons photos suréclairés, la lumière est une constante permanente dans le propos. Comme si l’on attendait plus rien du récit et que les flashs ou les jeux de contraste étaient des lignes de scénario. Quelques phrases de dialogues viennent lier tout ça et laisser entendre combien il n’y a que de l’absurde dans cet univers de la superficialité.

The_Neon_Demon.jpg

Ce bombardement de lumières aveuglantes (épileptiques passez votre chemin), sur des sonorités synthétiques très 90’s jusqu’à l’écœurement, souligne l’ambigüité du rapport du réalisateur à l’image. Comme s’il semblait nous dire : « c’est beau, c’est génial, c’est de MOI ! Vous aimez ? Vous allez le regretter, vous allez en gerber ! »

Car oui, on sort de là nauséeux. Dégouté par cette imagerie ridicule de profusion. Et puis tout honteux d’avoir ri devant ce final grotesque de bêtise, on comprend. On comprend que le contrat initial été rempli : la lumière à forte dose est nocive. Comme la beauté.

La quête du beau est une quête vaine. Elle est une course vers de fausses idoles. Qui finissent par nous broyer l’estomac et nous écarter de ce qui fait l’essence des mots : le sens.

Autocritique surpuissante et démonstration clinquante du talent délirant (mais malsain) de Monsieur Winding Refn !

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